Et si Loum avait raison ? 

Les entreprises de BTP sont à l’agonie. Elles réclament une dette 75 milliards de F Cfa à l’Etat du Sénégal. Les instituts privés d’Enseignement supérieur ne respirent plus. Ils réclament une enveloppe de 16 milliards de F Cfa à l’Etat. Ecobank, partenaire privilège de l’Etat sur le paiement des bourses d’étudiants, réclame à l’Etat une dette de 20 milliards de F Cfa. Bien avant, les enseignants ont observé une longue grève qui a failli aboutir à la catastrophe d’une année blanche. Là aussi, on a senti l’odeur de l’argent. Les professeurs revendiquaient légalement une augmentation de leur indemnité de logement. En off, les radios « cancan » disent que l’Etat serait en train de ponctionner les budgets de certains ministères pour régler les urgences.

Ce décor, non-reluisant des finances publiques, fait croire que les caisses de l’Etat ne sont pas comme on l’aurait souhaitées. En un mot et pour mille, elles sont vides.

En déclarant qu’il « existe une tension financière » au Sénégal, Mamadou Lamine Loum n’avait pas tort. L’ancien Premier ministre du président Diouf, un grand commis de l’Etat, ne parlait pas dans le vide. Les faits sont têtus. On a beau les maquillés, ils finiront toujours par être su du grand public.
La réaction simultanée du directeur des Finances publiques, Mamadou Moustapha Ba, et de son chef, le ministre du Budget, Birima Mangara, le lendemain de la sortie de Loum, prouve, à suffisance, que l’ancien chef du gouvernement avait raison. On ne saurait prendre leurs explications comme argent comptant. La réalité est tout autre. Les lamentations financières gagnent du terrain. Les hommes d’affaires sénégalais, qui traitent avec l’Etat, en sont une parfaite illustration.

L’Etat ne doit pas sacrifier « ses » fils. Il doit honorer ses engagements envers eux à tout prix. Si réellement les caisses sont remplies, l’Etat doit payer ses dettes. En l’espèce, des lenteurs administratives ne sauraient justifier l’attitude de l’Etat. À moins qu’il ignore que c’est la survie des milliers de pères de famille et l’avenir de nombreux étudiants qui sont hypothéqués.

Mbaye THIAW

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